J’ai eu la cruelle sensation depuis dix jours que mon cœur s’était endormi. Comme au repos. Bien sûr je n’étais pas complètement seule mais avec celui pour qui justement ce même cœur bat amoureusement. Mais il manquait à mon bonheur mes petits bouts, partis chez leur grand-mère pour dix jours qui m’ont paru une éternité. Au-delà du cliché de l’éternité entendez le cœur d’une mère pourchassé par le vide et la « languitude » de sa chair. Lorsque l’habitude n’est pas à les laisser loin de la mère, il est donc cruel et malheureux d’imaginer cette solitude et ce sentiment d’abandon qui envahissent le cœur de cette mère sans sa couvée.

Alors quand les dix journées arrivent à leur terme et que se rejoignent les bambins et la mère esseulée, la tristesse s’envole pour ne laisser place qu’à l’ivresse des retrouvailles. Se jeter dans les bras de sa mère, se lover contre sa poitrine arrondie et lui murmurer qu’on l’aime et qu’elle nous a manqué sont, de mes souvenirs lointains d’enfant, de cette joie profonde et tellement vive qui vous transperce jusqu’au plus profond de vos entrailles.

Se plonger dans l’oubli de soi pour ne plus penser qu’à l’enfant, qu’à ses enfants…Moment magique, de pure liesse qui vous entraîne bien au-delà de tout, bien au-delà de vous.

Je vous remercie mes tendres amours de ce bonheur retrouvé qui n’était point disparu mais juste assoupi et vous aime tendrement.