extrait de  : La Nuit des Temps de R.Barjavel

..."Je le savais.

Je regardais tes lèvres. Je les ai vues trembler d'amour au passage de son nom.

Alors j'ai voulu te séparer de lui, tout de suite, brutalement, que tu saches que c'était fini, depuis le fond des temps, qu'il ne restait rien de lui, pas même un grain de poussière quelque part mille fois emporté par les marées et les vents, plus rien de lui et plus rien du reste, plus rien de rien...

Que tes souvenirs étaient tirés du vide. Du néant.

Que derrière toi il n'y avait plus que le noir, et que la lumière, l'espoir, la vie étaient ici dans notre présent, avec nous.

J'ai tranché derrière toi avec une hache.

Je t'ai fait mal.

Mais toi, la première, en prononçant son nom, tu m'avais broyé le coeur. ..."